L'histoire de mon Rap [1980-1989]

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L'histoire de mon Rap [1980-1989]

Suivant une inspiration immédiate après la lecture de @Prizmm sur "l'histoire de son rap" https://busy.org/fr/@prizmm/l-histoire-de-mon-rap-francais-2002-2004. J'aimerais lui faire partager la mienne. D'une autre génération.

Premier contact

Mon premier souvenir d'un texte scandé qui donnait au morceau un son définitivement nouveau fut Blondie - rapture (1979). Après quelques minutes, Debbie Harry (Blondie) se met à rapper et dès la première écoute j'ai eu envie de réentendre ce passage. On l'écoutait en boucle et on essayait tant bien que mal de déclamer en yaourt. Blondie était à l'époque un groupe anglais issu du punk qui très vite a absorbé l'air du temps. De retour de New York, leur morceau s'est directement inspiré de ce qu'ils avaient vu dans les rues. Des jeunes qui mixaient sur deux platines et qui scandait plein de rimes sur des boucle de funk.

A ce propos, pour s'amuser très facilement, je tiens à mentionner le superbe doodle de Google pour l'anniversaire des 44 ans du hip-hop, dont il font remonter la naissance à 1973. Enfin ils expliquent tout sur le doodle et vous pouvez mixer tous les samples emblématiques de l'époque. Pour vous essayez à l'art urbain de cette époque.

https://www.google.com/doodles/44th-anniversary-of-the-birth-of-hip-hop

A l'époque si le rap est en gestation dans les blocks party des ghettos américains, il n'apparait jamais sur les ondes mainstream ( les radios pirates n'apparaissent qu'en 80). Donc cela reste très confidentiel.

Avant le rap, le spoken words

Dès 68, on peut noter que le spoken words, ou voice over se répand comme un phénomène nouveau, en lien avec les mouvements de libération de la fin des années soixantes. Sur scène, le micro devient l'outil d'expression de paroles qu'on déclame à la manière d'un prêche ou d'un discours politique, ici au service d'oeuvre de protestation poétique ou d'art expérimental. En parlant de discours politique, je pense à **Martin Luther King **(que l'on fêtait justement avant-hier comme le rappelle @lndestat120282 https://steemit.com/story/@lndesta120282/martin-luther-king-jr.
Le retentissement du discours vibrant de Martin Luther King, "I have a dream" tel que prononcé en 1960 a probablement influencé toute une jeune génération en soif de justice et de liberté d'expression. En quelques années on mêlera le discours à la musique populaire pour s'exprimer.
Dès 68 déjà, on croise Leo ferré qui slame sur deux albums au verbe déchainé, par exemple la violence et l'ennui

en 70 Gill Scott Héron et sa bande de Last Poets prêche que "la révolution ne sera pas télévisée", de nombreux y voient déjà l'aube du rap contemporain :

en 72 Yves Simon déclame ses "Merveiles de Juliette"

en 76 Gainsbourg livre son "homme à la tête de chou"

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en 78 Jim Morrison des Doors publie ses poemes musicaux

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Cà et là la musique parlée se libère et fleurit.

Dès 1980, on voit fleurir un peu partout de la musique parlée: la scène reggae londonienne écoute Linto Kwesi Jonhson

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Gainsbourg s'y colle toujours avec son album reggae. Prequ'un rap, les punks de The Clash balancent un texte rageur bien dans l'esprit sur un ironique tempo disco à la ligne de basse imparable Le texte, assez méconnu https://www.lacoccinelle.net/257564.html mais le beat, tout le monde le connait :

1980, le rap explose

Quant au rap, s'il ne s'expose toujours pas encore vraiment en français, celui des cités américaines né de l'alliance du Disck-Jockey et du Master of Ceremony explose à travers quelques hits planétaire. **Nous sommes en 1980 ** et sur une ligne de basse du déjà célèbre Good Times de Chic , Sugarhill Gang déboule sur les ondes de toutes les radios en 1980 avec Rapper's delight

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L'effet est immédiat. Le hip-hop envahit les ondes et la télévision française.
En 81, en français il y avait bien eu un essai proche d'un rap avec "Chacun fait ce qui lui plait" mais si certains passages rappent vraiment, on hésite encore à trouver vraiment la voie entre le voice-over et le rap.

On se trémousse aussi sur

Le français semble toujours avoir du mal à trouver son flow. Pourtant le hip-hop est une mode qui déferle sur la France. Comme tous les gosses je m'entraine devant la télé le dimanche avec Sidney dont voici une émission sourire garanti de 7 à 77 ans:

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Je m'essaie à la chaine électrique. Sur la vidéo on voit l'état embryonnaire et déplorable du rap en français. Sydney ne trouve pas les bons gimmicks, à part un "Je sens que tu peux" bien plaçé, le reste sonne faux voire risible. Et on se met à danser comme des robots sur des titres instrumentaux comme Break Dance

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Rock it

et la face B d'un groupe appellé The Grandmaster Flash - The Message .

Sur la pochette du 45T,on peut lire les paroles qui sont scandées sur la face A. Le flow et la rage de la voix font mouche. Si on adorait entendre le passage où le mec place son flow dans le très disco ** Last Night a DJ saved my life de Indeep** la voix de Grandmaster Flash c'était beaucoup plus rebelle et engagé.

Du coup, tout s'est peu à peu diversifié. Sont arrivés parmi les plus célèbres à l'époque dans nos régions : LL Cool J (Rock the Bells en 85, le plus long morceau de rap à l'époque

et les gangster d' Ice T (Colors)

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Un peu plus tard les rappeurs Eric B & Rakim (1987) avec leur "Paid in Full" ont marqué toute une génération avec leur son rap jazz soul ,f,a,i,t, ,u,n,i,q,u,e,m,n,t, ,d,e, ,s,a,m,p,l,e,s, ,e,t, ,d,e, ,s,c,r,a,t,c,h,e,s,.,

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Vinrent enfin Run DMC et les Beasties Boys et plein d'autres.

Finalement IAM apparait vers la fin des années 80. On sait aujourd'hui qu'ils étaient déjà actifs depuis des années via des mixtape qui s'échangeaint entre les cités françaises sans médiatisation. Mais il m'est vraiment difficile de trouver des français avant eux. Pour la suite @Prizmm semble un fin connaisseur.

Voilà, désolé ma longue anthologie mais j'avais envie de partager. Sinon, J'en écoute plus trop quoique j'ai encore fait un instrumental il y a quelques temps à l'état de démo dans un style déjà fort dépassé. https://dsound.audio/#/@dbddv01/instrumental-hip-hop-looking-for-lyrics

C'est quoi le bon son du moment ? Les ados me bassinent avec Damso, Cabalerro&JeanJass, Roméo Elvis...

A+

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