L’ÉPIGÉNÉTIQUE ou cet environnement qui altère nos gènes...

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ancolie
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11 days agoSteemit6 min read

Saviez-vous que certains éléments de notre environnement peuvent modifier le profil génétique de nos enfants ?

Je vous propose d’explorer ce que des études récentes nous apprennent au sujet de l'ÉPIGÉNÉTIQUE.
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Tout d’abord une définition formelle de l’ÉPIGÉNÉTIQUE :

Le terme Épigénétique vient du grec ancien ἐπί, épí, « au-dessus de », et du mot génétique.
C’est un champ d’étude associé à la biologie ; il s’intéresse à la nature des mécanismes qui modifient l'expression des gènes sans toutefois altérer la séquence nucléotidique (ADN).

En comparaison à la génétique qui elle étudie les gènes, l’épigénétique s’attarde plutôt à la façon dont ces gènes vont utiliser (ou pas) les informations complémentaires qu’elles reçoivent de l’environnement.

Dans le monde animal, on peut penser par exemple, aux abeilles chez qui une même larve deviendra une reine ou une ouvrière selon le type de nourriture reçu. Ou encore aux œufs de tortues qui sont tributaires de la température ambiante et qui peuvent éclore soit en mâle ou bien femelle.
Dans ces situations, on constate que le code génétique de base demeure le même, mais des facteurs environnementaux favorisent un type d’expression spécifique au détriment d’un autre.

En résumé, l'épigénétique se préoccupe de la manière dont le génotype - est utilisé pour produire un phénotype .

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Ce qui est intéressant dans le concept d’ÉPIGÉNÉTIQUE, c’est l’idée que nous ne saurions pas soumis à une forme de fatalité inexorable liée à notre profil génétique.

Attardons-nous plus spécifiquement à l’ÉPIGÉNÉTIQUE comportementale et sociale.

De quoi parle-t-on ?
Les chercheurs avancent que l’ÉPIGÉNÉTIQUE influencerait le fonctionnement de notre cerveau. Affectant de ce fait, nos apprentissages, nos comportements ainsi que notre santé.
C’est un nouveau champ d’étude en train de transformer radicalement la vision qu’on avait jusqu’ici du développement humain.

Deux objectifs sont poursuivis :

  • Dans un premier temps, les scientifiques tentent de mieux comprendre de quelle manière nos gènes (ADN) et notre environnement (expérience vécue) s’influencent l’un et l’autre et quels impacts ceux-ci peuvent produire sur le comportement et le développement de la personne. Ces impacts pouvant varier de: adapté (positif et fonctionnel) à inadapté (négatif et dysfonctionnel).

  • D’autre part, les chercheurs aimeraient savoir s’il serait possible de cibler les enfants à risque durant leur développement, afin de pouvoir prévenir des effets négatifs (ou de les inverser) à l’aide d’un plan de traitement (interventions ou médicaments).

Les constats ?

Les chercheurs en ce domaine ont découvert que des expériences négatives subies durant la période de l’enfance produiraient généralement des comportements inadaptés chez la personne plus tard dans sa vie. Cet environnement hostile déclencherait des changements ÉPIGÉNÉTIQUES au sein même des cellules, qui provoqueraient par la suite des effets importants à long terme, tant sur la santé physique que mentale. En ce sens, des études révèlent un lien entre la maltraitance et la négligence d’un enfant en bas âge et divers problèmes de santé manifestés ultérieurement dans la vie de la personne ; comportements antisociaux, dépression, suicide, difficultés d’apprentissage, maladies chroniques et troubles de santé mentale.

Ce qui reste à déterminer à présent, c’est si ces modifications ÉPIGÉNÉTIQUES sont transmissibles d’une génération à l’autre.

On admet depuis un bon moment que notre régime alimentaire influence la résistance de notre système immunitaire en nous rendant plus ou moins vulnérable aux diverses maladies qui nous affectent.
Les études en ÉPIGÉNÉTIQUE nous révèlent de manière stupéfiante maintenant que :

« … non seulement l'environnement a une influence sur la santé mentale et physique, il peut modifier le fonctionnement des gènes dont on hérite à la naissance. Comme si ces derniers étaient contrôlés par une série d'interrupteurs. Et que la nourriture qu'on avale, l'air qu'on respire ou même les câlins que l'on reçoit avaient le pouvoir d'activer ces interrupteurs. »
(Michael Meaney, Ph.D., et Gustavo Turecki, M.D., Ph.D., - Institut Douglas)

La puissance ÉPIGÉNÉTIQUE d’un câlin…

L’équipe Michael Meaney a réalisé des expériences sur des rats et ils ont pu démontrer que des bébés rats léchés fréquemment par leur mère (fonction similaire chez l’humain) sont plus calmes comparativement à ceux léchés moins souvent. Ils ont constaté cet effet jusque dans leur cerveau. En effet, l’impact du léchage (câlin) a protégé les cerveaux des petits rats du stress. Dans le cerveau des rats négligés par leur mère, le gène NRC31 qui produit une protéine responsable de la diminution de l’hormone du stress, s’est avéré altéré dans les neurones de leur l'hippocampe.
Ces résultats ont confirmé que même en l'absence d'éléments perturbateurs ou hostiles dans l’environnement, sans ses soins protecteurs les bébés rats vivent dans un état de stress continu.


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Des bébés rats aux petits humains, il n’y a qu’un pas …

Le projet de recherche MAVAN (Maternal Adversity Vulnerability and Neurodevelopment) dirigé par Michael Meaney, Hélène Gaudreau et son équipe de recherche, ont évalué régulièrement durant 6 ans, le cerveau (imagerie cérébrale) et le niveau d’hormone de stress d’enfants dont les mères étaient affectées par une dépression grave (avec groupe témoin de mère non-dépressive). On supposait ici que les mères dépressives manifestaient moins de comportements d’affection physique que les autres.

Conclusion ?

Des mécanismes ÉPIGÉNÉTIQUES semblables !
Comme chez le rat, les glandes qui sécrètent les hormones de stress sont en état d'alerte perpétuel. Cela rend les individus maltraités particulièrement susceptibles à l'anxiété, à la dépression et, éventuellement, au suicide.
(Équipe de Michael Meaney, Ph.D. - Institut Douglas)

« On a cherché pendant longtemps le gène, par exemple, de la schizophrénie, le gène de la dépression. […] Ce n’est pas comme cela que ça fonctionne. Aujourd’hui, on sait qu’on développe de telles choses par un processus qui s’appelle épigénétique : ce sont les modifications que l’expérience des individus dépose sur nos gènes »

  • Sonia Lupien. Ph. D. en neurosciences Directrice [Centre d'études sur le stress humain] et Chercheure au entre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Il y a de l’espoir !

D’autres études ont également démontré que contrairement aux mutations génétiques (irréversibles), l’empreinte épigénétique, quant à elle peut être modifiée à l’aide de certains médicaments ou encore par un changement dans l’environnement.


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Alors, LE STRESS, utile ou pas ?
Des études sur le sujet ont également fait ressortir que la transmission de la vulnérabilité au stress se transmettait à notre descendance et rendait ceux-ci davantage habiletés à adapter leurs comportements à l’adversité.
Par contre, vivre le stress lorsque ce n’est pas nécessaire, c’est à éviter, car cela crée de l’ANXIÉTÉ, qui elle s’avère particulièrement néfaste. Elle fragilise notre équilibre, notre santé et notre bien-être.

« C’est pour ça que, comme je le dis toujours, c’est si important de prendre soin de soi-même avant de s’occuper de [ses] enfants. »
(Sonia Lupien)

Amis Steemiens …
Prenez soin de vous alors !
Vous contribuerez ainsi à l’évolution de la race humaine ;)


VIDÉO EN COMPLÉMENT


Tourlou !

Sources:

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